KTT de Nantes

Centre d'étude et de méditation du bouddhisme tibétain de Nantes

 

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Novembre 2004

Le corps dans la prière

Qu’est ce que prier ?
Dans le quotidien, il nous arrive de prier quelqu’un pour obtenir quelque chose. Mais dans le spirituel on ne prie pas un être de chair mais une entité autre . Pour les bouddhistes, cet autre est le Bouddha, non dans sa forme incarnée, qui est apparu il y a 2500 ans, mais dans son principe de réalisation spirituelle qui est présent potentiellement en chaque être. Le Bouddha est donc loin de se limiter à une apparence humaine figée dans le temps et l’espace.

La prière est un moyen de sortir de nous-même et de nos concepts. Au-delà d’un moyen, c’est même une nécessité, un appel, une reconnaissance d’une dimension qui est au-delà de nous-même, afin d’arrêter de nous cogner au parois de notre ego qui nous enferme et nous fait souffrir.

Lorsque nous entrons dans un temple bouddhiste tibétain, nous voyons des statues, des photos, des représentations diverses de bouddhas, de grands maîtres, et de divinités. Ces divinités n’existent pas en temps que telles, elles sont les symboles de nos qualités : compassion, amour, sagesse, équanimité, joie… Prier c’est donc se tourner et s’ouvrir vers ces qualités spirituelles. Par la répétition nous nous en imprégnions progressivement. L’être dans son entier participe à cette ouverture y compris par le corps.

Plus particulièrement comment intégrons-nous le corps dans la prière ?

Nous nous déchaussons à l’entrée du temple pour marquer notre respect du lieu et détourner notre esprit du quotidien . Nous installons l’autel en faisant mentalement et matériellement des offrandes, signes de notre dévotion. (fleurs, bougies, encens…)
Une fois l’autel préparé, nous nous prosternons trois fois face à lui. Une fois pour purifier le corps et marquer notre respect envers le Bouddha, une seconde fois pour purifier la parole et marquer notre respect envers l’enseignement et une dernière fois pour purifier l’esprit et marquer notre respect envers la communauté des lamas et des grands maîtres.
Nous faisons les prières les mains jointes au niveau du cœur qui est le siège de l’esprit.
Pour la méditation silencieuse le corps est placé dans une position stable au sol qui favorise la détente et la concentration.


Prier, pour le bouddhiste, c’est s’ouvrir à une dimension plus vaste afin d’atteindre progressivement la reconnaissance de notre essence spirituelle commune que nous nommons nature de bouddha. Le corps, la parole et l’esprit en sont les moyens indissociables