KTT de Nantes

Centre d'étude et de méditation du bouddhisme tibétain de Nantes

 

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Février 2006

Bouddhisme : philosophie ou religion ?


Nous avons choisi aujourd’hui de répondre à une question que l’on entend souvent et que nous avons même entendu ici. Le bouddhisme : est-ce une religion ou une philosophie ?

Pour les philosophes occidentaux l’enseignement du Bouddha ne peut pas être une philosophie car le propre de la philosophie occidentale est de penser par soi-même.
Or dans notre tradition bouddhiste, notre analyse s'organisent en fonction des instructions du Bouddha que nous vérifions par l'expérience. Nous nous référons donc à une parole donnée.
Il est vrai que l’étude intellectuelle n’est pas absente de certaines écoles bouddhistes. Même dans notre tradition bouddhiste tibétaine, il existe une voie particulière où l’étude est poussée très loin. Toutefois cette démarche réflexive n’a pas l’objectif de construire de nouveaux concepts pour comprendre le monde, mais au contraire de nous démontrer que nous ne fonctionnons qu’à travers des concepts. Une approche au-delà des constructions mentales est possible et libératrice.

Pour les théologiens, le bouddhisme ne peut pas être une religion car il ne se relie pas à un Dieu créateur extérieur à sa création.
Certes nous manifestons une certaine dévotion par la prière, par des prosternations, des rituels mais ceci ne se réfèrent pas à un Dieu créateur.
Dans notre tradition du bouddhisme issue des maîtres tibétains, nous développons aussi de la dévotion envers tout un panthéon de divinités. Il ne faut pas s’y tromper ; grosso modo, il s’agit là de moyens, de techniques de méditation pour parvenir à la compréhension de notre nature profonde.
D’autre part, dans le bouddhisme on n’adhère pas à un dogme sans qu’il soit nécessaire de redécouvrir par soi-même la vérité de celui-ci.
Certes le bouddhisme n’exclut pas la foi, si l’on entend par foi une conviction intime et inébranlable qui naît de la découverte d’une vérité intérieure. La foi c’est aussi un émerveillement devant cette transformation.
Ainsi on ne peut pas non plus catégoriser le bouddhisme de religion dans le sens des religions théistes.

Alors, ni philosophie, ni religion... ? Le terme « bouddhisme » est relativement absent du vocabulaire des traditions asiatiques.
Dans les textes anciens seul le terme "Science de l'intérieur" apparaît. Il s’agit d’une démarche que chacun est invité à parcourir. Dans le dialogue Le moine et le philosophe Mathieu Ricard rapporte les propos du Bouddha qui dit : « vous devez examiner les enseignements, les méditer mais vous ne devez pas les accepter simplement par respect pour moi. Il faut découvrir la vérité de ces enseignements en parcourant les étapes successives qui mènent à la réalisation spirituelle. »


Pour ma part je suis arrivée au bouddhisme afin de trouver un moyen d’être mieux dans ma vie. Le peu de lectures sur le sujet m’interpellait. Quand j’ai fini par pousser la porte d’un centr,e j’ai été surprise par les rituels et la dévotion de certaines personnes alors que j’attendais un aspect plus intellectuel. Au fur et à mesure la confiance et l’aspiration se sont développées avec la méditation et l’étude.
Après quelques années de pratique, je peux dire qu’on peut entendre le bouddhisme comme une religion dans le sens étymologique, c’est à dire que cela me relie à quelque chose de plus ouvert que mon petit moi et contrairement à ce que je recherchais au départ, la maîtrise de soi, c’est plutôt un abandon de soi qui se développe.
La religion pour moi, n’est censé être qu’un outil qui peut nous donner l’encouragement et les moyens pour arriver à la spiritualité qui est au-delà de toutes religions et toutes philosophies.

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PS : Pour compléter l’information la lettre de Thibirine du mois de janvier qui donnait les chiffres des pratiquants par religion, l’Union des Bouddhiste de France (UBF) rapporte qu'il y a environ 800.000 bouddhistes en France dont les 3/4 seraient d'origine asiatique, c’est à dire qu’il y a 200.000 occidentaux qui sont convertis à la voie bouddhiste.