KTT de Nantes

Centre d'étude et de méditation du bouddhisme tibétain de Nantes

 

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Juin 2006

Dieu : secret, absence, mystère

« Dieu : secret, absence, mystère » voilà un thème tout à fait piquant pour un bouddhiste !

C’est en lisant le dernier livre de Fabrice Midal, Quel bouddhisme pour l’occident ? que nous avons alimenté notre propos.

La question de Dieu n’a jamais fait sens dans les pays bouddhistes, puisqu’ils n’ont jamais eu l’expérience d’un Dieu unique, créateur de la terre, du ciel et de toutes choses, transcendant et personnel. L’alternative entre croire ou ne pas croire en Dieu ne se pose donc pas pour nous.


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Un jour pour répondre à des questions d’ordre métaphysique d’un de ses disciples, le Bouddha raconte l’histoire de l’homme blessé par une flèche fortement empoisonnée. Un chirurgien arrive, mais l’homme blessé dit : « je ne laisserai pas retirer cette flèche avant de savoir qui m’a blessé, quelle corde a été employée sur l’arc, de quelle manière était faite les pointes de la flèche... ».
Le Bouddha explique à son disciple que l’homme mourrai sans savoir ces choses. Il affirme ainsi que sa doctrine n’est pas une théorie générale sur la nature de la réalité.
Comme le médecin nous guérit le corps, le Bouddha nous guérit de la souffrance. Il ne donne pas une doctrine à suivre pour notre salut mais nous apprend concrètement à soutenir l’incertitude propre à toute existence et à y reconnaître une ouverture fertile.

Pour les bouddhistes, l’idée de Dieu leur semble totalement inconcevable. Pour eux un être « personnel » est forcément une « entité ». Il existe forcément au milieu de d’autres individus et dépend d’eux, comme ils dépendent de lui. L’absolu, s’il existe, ne peut absolument pas être personnel. S’il l’était, il existerait dans cette situation d’interdépendance, et par là-même ne serait donc plus « absolu ». Il faudrait considérait le bouddhisme comme une tradition spirituelle non théiste.


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Il existe toutefois tout un panthéon de divinités qui manifestent différents visages de l’éveil comme la sagesse, la compassion et l’action pure. Elles ne sont porteuses d’aucunes révélations, ne peuvent pas nous sauver, mais elles manifestent certaines qualités de la réalité et peuvent aider le pratiquant à mieux les intégrer à sa propre vie.

Il s’agit d’une approche bien plus existentielle que métaphysique. Le bouddhisme tout entier ne conçoit pas de divinités existant indépendamment de la relation que chacun entretient avec elle. Cohérent avec sa conception du non-ego, le bouddhisme perçoit la divinité comme n’étant pas plus existante qu’aucun autre individu. Elle incarne même de manière exemplaire l’absence d’ego.

Une telle perspective sur la nature de la réalité transforme la compréhension habituelle d’une voie spirituelle, en ce qu’elle ne débouche pas sur la nécessité de croire à quoi que ce soit d’extérieur à nous, mais présente une discipline qui nous permet de nous ouvrir simplement à ce qui est.