Commission échange pour le dialogue interreligieux
Juin 2007
Le Partage
Dans partage, il y a le sens de donner mais également
de répartir quelque chose en part. Dans le bouddhisme nous parlons
plus de générosité.
Suivre l’enseignement du Bouddha c’est avoir pour objectif
de se libérer de la souffrance mais aussi de libérer tous
les êtres. La prise en considération de tous les êtres
est donc le but mais aussi le chemin dans le sens ou c’est grâce
à eux que nous allons développer les quatres illimitées
qui sont : l’amour, la compassion, la joie et l’équanimité
(ce dont Lama Drimé en Mai dernier nous a parlé).
Pour cela divers moyens sont possibles. Le bouddhisme mahayana parle
de développer 6 perfections : la générosité,
l’éthique, la patience, la persévérance,
la stabilité mentale, la sagesse.
Ces perfections permettent d’intégrer l'enseignement
du Bouddha dans la vie quotidienne.
La pratique de la générosité comporte
plusieurs aspects :
1- le don de biens matériels : C’est la première
étape de l’entraînement. Donner ce qu’il faut,
à qui il faut, avec l’intention, les mots et les gestes
qui conviennent.
2- Le don de la protection ou de la sécurité : Si des
pratiquants risquent d’être dérangé, nous
pouvons les protéger de cette perturbation. Nous pouvons, également,
protéger ceux qui sont plongés dans l’affliction
ou les soucis en leur prêtant attention et en les consolant.
3- Le don de l’enseignement du Bouddha : Nous n’avons pas
besoin d’être un grand érudit pour pratiquer cette
générosité. Il nous faut le rendre accessible.
Cela ne doit pas reposer sur une motivation impure, telle qu’espérer
être considéré comme très savant.
Ces générosités ne s’adressent
pas seulement à notre famille mais à tous les êtres
sensibles. Le caractère équanime, dont nous a parlé
Lama Drimé le mois dernier, est un élément important
dans le développement des perfections. Il est évidemment
très facile d’être généreux avec nos
proches ou ceux qui entrent dans nos sensibilités mais cela l’est
moins pour les autres !
La perfection de la générosité se
développe à la fois dans notre vie quotidienne, notre
travail, nos loisirs... mais également au cours des rituels quotidiens.
Dans le bouddhisme tibétain, il est recommandé
d’avoir un autel chez soi comprenant une représentation
du bouddha, 7 bols d’offrandes, une bougie et un bâton d’encens.
Chaque matin, nous remplissons tous ces bols d’eau et allumons
la bougie et l’encens. Chaque chose a une symbolique.
Il s'agit pas de satisfaire la faim, la soif ou le désir des
bouddhas. Une telle idée correspond à une conception duelle
des choses. Faire des offrandes est un moyen de purifier la tendance
que nous avons à nous attacher à la beauté des
formes et au côté plaisant des sons, des saveurs, des odeurs,
etc. Il s'agit maintenant de les purifier et c'est pour cette raison
qu'on effectue des offrandes. Lorsqu'on fait une offrande, on part d'une
substance matérielle, d'une fleur ou d'un bâton d'encens,
mais on ne s'en tient pas à cela on multiplie mentalement des
centaines de millions de fois l'offrande qu'on fait, jusqu'à
ce qu'elle emplisse l'univers entier.
Un autre exemple d’entraînement au don pendant
les rituels c’est de dédier à tous les êtres
les bienfaits que nous avons accumulé par notre pratique. A la
fin de la session, nous offrons, par une prière, les bénéfices
à tous les êtres.
L’élément important de la générosité
est de bien comprendre que nous donnons de manière indifférencié
quelque soit le destinataire. Ce don doit toutefois être fait
avec sagesse et sans attente de retour, ni gratification. C’est
le développement de l’équanimité à
travers la pratique de la générosité.